D’un coté il y a la lumière.
Celle que l’on préserve et que l'on entretient chaque jour, afin de pouvoir continuer à vivre.
D’un coté, il y a Dieu... Le bon Dieu... Le sauveur, miséricordieux. Celui que l’on prie afin qu’il reste prés de nous...
De l’autre coté, il y a « Satan dans le désert ».
Les ténèbres. Profondes. Toutes proches. Crues.
Les ténèbres qu’il convient de tenir à distance car elles sapent sans cesse tous nos efforts.
Mais parfois, dans certains circonstances, impossible de leur échapper. Et le combat s’engage.
En nous. Dans nos tripes...
Dans cette lutte contre nos démons, pas de faux semblants, pas de simagrées. Pas de place pour les imposteurs. A la lisière de ce combat, quelques observateurs jugent, injurient et dénoncent, car ils ne supportent pas.
C’est dans ce monde noir, très noir, aride et destructeur, que nous plonge Boston Teran.
On pourrait parler de descente aux enfers, mais non. Nous y sommes déjà. L'enfer et le désert. Celui du Mojave.
Entre Los Angeles et Las Vegas.
« Au-delà des monuments de calcaire, ils ont enfin atteint le point où le sol n'est plus qu'un long linceul de sel aride. Morbide et plat. Dénudé comme au centre d'un holocauste nucléaire ou en cette période dévonienne où la terre a été catapultée hors du mystère et où tout a été chamboulé. Une apocalypse javellisée.
Le vrai visage du père et de la mère, de la mort. Brillant comme un bouclier. La potion des sorcières, ou le chaudron de Dieu. La dissolution ultime, ou le reflet de la lumière immaculée.
Donnez lui le nom que vous voulez, son existence est indéniable. »
Extrait
page 397 – "De coup de poing en coup de poing, la réalité crue et aveuglante d'un décor nu et nauséabond nous prive de parole."
Harlan Coben en est d'ailleurs encore « sous le choc » nous dit la bande annonce.
Parce qu'ici, ça fait mal. Très mal.
L’auteur le sait bien. Il n’est pas possible de fixer trop longtemps l’abîme sans s’y perdre.
Extrait
« Je t’admire, tu sais […] toi au moins, tu as le courage d’affronter tes démons… », dit Bob.
Et Case de répondre : « Je ne veux pas affronter mes démons comme tu dis [….] Je leur jette juste un coup d’œil, de temps en temps. Pour vérifier qu’ils ne se sont pas tirés en douce. »
Voilà. Ne pas oublier l’abîme, mais ne pas le regarder trop longtemps non plus.
A lire absolument... mais bon !!!! Accrochez vous !
Folio Policier
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Plutot qu'un commentaire...quelques lignes de l'auteur...
"Elle sentit peu à peu, d'heure en heure, la respiration de Fran ralentir.
Le clair de lune tombait sur le lit, délicat témoignage du temps qui passait, et elle regarda s'effacer ce visage qui lui avait paru si beau, tandis que la main de Fran, dans la sienne, semblait se fondre dans le néant.
Son coeur s'emplit doucement d'un regret mortel, à l'idée qu'une personne qu'elle avait tant aimée et qui avait tant compté pour elle ne fut plus.
Elle se mit à geindre dans son oreiller, mais, en même temps, très précisément au même moment, une sorte de paix mesurée, un sentiment aussi profond qu'impérissable, pour lequel elle ne trouvait pas de mots, s'empara d'elle."
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